Les traitements des ronflements et des apnées

Les traitements seront adaptés à l'importance des troubles.
L'amaigrissement
Il sera toujours préconisé devant une surcharge pondérale. La réduction du volume de la base de langue et des tissus pharyngés améliorera toujours le passage de l'air.
La chirurgie
L'intervention chirurgicale la plus courante consiste à dégager le pharynx en sectionnant le bord du voile du palais et la luette. Lorsqu'elles sont présentes, les amygdales sont également enlevées. C'est la classique Uvulo-Pharyngo-Plastie ou UPP. Cette chirurgie est proposée pour le ronflement lorsque les apnées sont peu fréquentes (I.A. inférieur à 20/25) et n'entraînent pas de gêne fonctionnelle ou de retentissement importants. Cet acte, douloureux, est efficace lorsque l'indication opératoire est bien posé, en particulier lorsque le rétrécissement pharyngé est important. L'intervention pratiquée sous anesthésie générale entraîne une indisponibilité d'une quinzaine de jour du fait de la douleur et de la difficulté d'alimentation.

La chirurgie du voile du palais (UPP) n'a pas démontré son efficacité dans le cas du S.A.S. Une chirurgie maxillo-faciale d'avancement mandibulaire peut aussi être envisagée. Elle est encore en cours d'évaluation pour les S.A.S. graves. Cependant, il s'agit toujours d'une chirurgie lourde avec des risques importants (section des deux maxillaires, trachéotomie, réanimation lourde) .

 

D'autres techniques de traitement du ronflement ont vu le jour ces dernières années comme le traitement par Laser qui permet de vaporiser seulement la luette et le voile du palais, laissant en place les amygdales. Cet acte qui s'effectue en plusieurs séances sous anesthésie locale est également douloureux. Il est moins efficace que la chirurgie classique.

Plus récente encore le traitement par radiofréquence consiste à cautériser et à durcir le voile du palais à l'aide d'une aiguille envoyant un faisceau localisé de micro-ondes. Moins agressif mais malgré tout douloureux, ce traitement n'a pas encore démontré une très grande efficacité, du moins à moyen ou long terme.

La ventilation à pression positive
Une assistance respiratoire nocturne est envisagée lorsque les apnées sont fréquentes (I.A. supérieur à 20/25). Une petite machine électrique pousse l'air dans les poumons à l'aide d'un masque nasal. C'est la Ventilation à Pression Positive continue, ou V.P.P. Ce masque est fixé sur le nez par une sangle. Il est relié à la machine par un tuyau souple et maintenu si possible durant toute la nuit.

Cette insufflation forcée lève le blocage à l'origine de l'apnée. Le sommeil se normalise alors. L'encombrement de la machine, le bruit de ventilation ainsi que l'impossibilité d'utilisation lors d'un rhume ou d'une bronchite en limitent l'usage. Par ailleurs, la pression du masque sur le nez est souvent la cause d'irritations ou de traumatismes difficiles à accepter à long terme. Malgré ces contraintes importantes, il s'agit du système de référence, efficace, reconnu et pris en charge par la sécurité sociale.

La machine demande la surveillance régulière par un technicien, en particulier pour garantir l'hygiène du système d'hydratation. Les coûts de location et d'entretien sont voisins de 1500 euros par an.


Masque de ventilation Masque en place Appareil à pression positive

 

Prothèse d'avancée mandibulaire
Il s'agit d'une double gouttière dentaire qui permet d'avancer la mâchoire inférieure pendant le sommeil. La langue est ainsi décollée de la paroi postérieure et libère le passage de l'air. Ce système est efficace mais présente des problèmes de tolérance à long terme, du fait de la déstabilisation de l'articulation temporo-mandibulaire. Cette prothèse est proposée en standard ( environ 90 euros en pharmacie). La première mise en place nécessite un chauffage dans l'eau afin d'obtenir un ramollissement partiel de la matière plastique pour obtenir une bonne adaptation à la denture. D'autres modèles sont réalisés sur mesure par les dentistes ou les stomatologistes. Ils sont alors parfaitement adaptés, mais leur prix (800 euros) est beaucoup plus élevé.

Il n'y a pas de prise en charge par la sécurité sociale pour ce type de prothèse.

Prothèse d'avancée mandibulaire

 

La Canule Souple Oropharyngée ou C.S.O. "Capax"
Il s'agit d'un système simple, dérivé de la canule de Guedel utilisée en anesthésie, lors du réveil, pour éviter que le patient "n'avale pas sa langue". Cette prothèse empêche le blocage du passage de l'air vers le larynx par la base de la langue. Elle est constituée d'un tube souple en silicone qui est placé dans la bouche. Un filtre extérieur permet de débarrasser l'air des poussières et de l'humidifier. Un élastique tient le filtre et maintien le tube souple dans la bouche pendant le sommeil. L'air passe alors librement jusqu'au larynx, sans bruit et sans blocage.

Cette prothèse simple est efficace dans le ronflement et les apnées. Seule la tolérance, liée aux réflexes nauséeux possibles, peut poser problème.

Largement utilisée chez les ronfleurs, ce système est encore en évaluation pour le traitement des apnées. Cette prothèse (50 euros en vente direct sur site internet www.capax.fr et par correspondance) n'est pas prise en charge par la sécurité sociale.

Canule Souple Oropharyngée Capax

 

Les autres solutions proposées
Les spray bucaux ou nasaux à base d'huile ou d'autres produits "naturels" ont surtout un effet psychologique et placebo. Leur large diffusion repose surtout sur des considérations marketing.
Les bandelettes nasales ou écarteurs narinaires n'améliorent que l'entrée de l'air au niveau des narines mais ne traitent en aucun cas le ronflement.

Les oreillers anti-ronflements ou tout autre système de maintien en hyper extension peuvent avoir une certaine efficacité en améliorant le passage de l'air.

Les stimulateurs électriques de poignets ou autres appareils électroniques qui détectent les ronflements et réveillent le ronfleur contribuent à perturber, s'il en était encore besoin, le mauvais sommeil du ronfleur.
Des solutions mais pas encore de traitement miracle
Les ronflements importants et les apnées du sommeil sont des symptômes qui doivent être pris en compte très sérieusement, du fait des conséquences possibles mais graves pour l'organisme. Les risques significatifs concernent le cœur et le cerveau. On retiendra en particulier son incidence dans l'association avec une l'hypertension artérielle. Ces dernières années ont vu apparaître de nombreux laboratoires de recherche et de dépistage. Cela a permis d'approfondir ces pathologies et de développer de thérapeutiques adaptées. Les solutions présentées permettent déjà d'améliorer le confort des ronfleurs et de traiter le syndrome d'apnées du sommeil. Le dialogue entre le spécialiste et le patient permettra de choisir la solution la mieux tolérée et la plus efficace.


Glossaire

Apnée : Arrêt respiratoire de plus de 10 secondes.
Indice d'apnées (I.A.) : Nombre d'apnées durant une heure de sommeil.
Larynx : Organe contenant les cordes vocales, situé à l'entré de la trachée.
Pharynx : Partie de la gorge où est située la base de la langue
Polygraphie : Examen permettant d'enregistrer les apnées et les ronflements durant le
sommeil.
Polysomnographie : Examen polygraphique avec en plus un électroencéphalogramme.
Ventilation en Pression positive (V.P.P.): Appareillage permettant d'insuffler l'air sous pression dans les poumons pour supprimer les apnées.
S.A.S. : Syndrome d'apnées du sommeil, soit un I.A. > 5