Les données paracliniques

Les données paraclinques

L'enregistrement polygraphique du sommeil est l'examen clé du diagnostic, puisque lui seul permet d'affirmer et de quantifier les apnées et leur relation avec le sommeil. Cet examen comprend au minimum un électroencéphalogramme, un électromyogramme du muscle de la houppe du menton et un électrooculogramme enregistrant les différents mouvements oculaires. La respiration est étudiée par l'enregistrement des mouvements thoraciques et abdominaux (jauges de contraintes ou pléthysmographie d'inductance...). Le débit aérien nasal et buccal est apprécié par thermistance naso-buccale ou plus rarement par pneumatochographie qui permet de quantifier les débits.

L'oxygénation sanguine est mesurée par oxymètrie de pouls transcutanée. Enfin, l'électrocardiogramme apprécie les éventuels troubles du rythme. L'analyse simultanée de ces paramètres permet d'identifier le Sommeil Paradoxal (SP) et les quatre stades du Sommeil Lent (SL), les apnées, les hypopnées et les désaturations. Une surveillance par caméra ou un capteur de position permet également de détecter les apnées position-dépendantes (notamment en décubitus dorsal).

Les apnées et les hypopnées ont leur maximum de fréquence en SL léger (stades 1 et 2) et en SP elles sont exceptionnelles en SL profond (stades 3 et 4). L'architecture du sommeil est profondément perturbée par les apnées (elle explique l'hypersomnolence).

Les apnées et les hypopnées sont le plus souvent responsables de désaturations brèves qui peuvent atteindre des valeurs très anormales (< 60 %). La reprise respiratoire après l'apnée est importante et suffisante pour faire remonter la saturation à des valeurs normales jusqu'à l'apnée suivante. Ces anomalies sont quantifiées au cours de la polysomnographie. Une polyglobulie (Hb>16 g/L chez l'homme) est retrouvée dans 10 à 20 % des cas.

L'évolution spontanée de ce syndrome est mal connue. En effet, le mode d'installation du SAS et le délai nécessaire à l'apparition des premiers symptômes, qui peut s'étendre sur plusieurs dizaines d'années, restent à décrire. La surmortalité de 11 % à 5 ans du SAS est admise.

Mais il faut noter que des incertitudes importantes persistent. Il reste aussi à déterminer les places respectives, à côté du schématique SAS à apnées obstructives, du SAS à dominante d'hypopnées, du SAS du sujet âgé, du syndrome de Pickwick...

S'agit-il de formes cliniques ou de stades évolutifs d'une même maladie ou de maladies différentes ?

A côté des formes relativement pures paucisymptomatiques, essentiellement caractérisées par les apnées, il existe des formes aux quelles s'ajoutent d'autres symptômes cliniques que l'on peut considérer comme autant de complications ou conséquences des apnées. Ce sont en règle ces complications qui font la gravité et probablement le pronostic du SAS.